« Ils croient en la privation, nous en la liberté. »
La première partie de ce slogan – « Ils croient en la privation » – renvoie à un idéal séduisant pour certains : l’ordre, la sécurité et l’égalité absolue. Le discours maoïste valorise le sacrifice de l’individu au profit d’une idée plus large et supérieure : un projet collectif. Pour atteindre cette égalité parfaite, chacun doit renoncer à une partie de sa liberté. Cette promesse d’un monde stable qui gommerait les injustices séduit : plus aucun écart de richesse et une sécurité matérielle garantie pour tous !
Dans un monde instable rempli de tensions sociales et d’inégalités économiques, l’idée d’un État fort et omniprésent pouvant contrôler l’économie et l’information peut paraitre rassurante, en apparence. Ce discours véhicule une certaine morale, celle de renoncer à sa liberté pour le bien commun. Ce discours fonctionne car il apaise les peurs de précarité et d’injustice en promettant un système centralisé capable de nous protéger de problèmes complexes.
Derrière cette façade, la réalité est bien différente. Cette doctrine politique se heurte à d’énormes contradictions. L’histoire a déjà montré que la privation des libertés a un coût humain et économique démesuré. Ce régime a imposé une centralisation extrême de l’économie et de la pensée au nom d’une idéologie. Il n’en est ressorti qu’un résultat désastreux.
À commencer par le Grand Bond en avant. En imposant la collectivisation de l’agriculture et l’augmentation de la production d’acier, cette initiative politique s’est révélée catastrophique en déclenchant une énorme famine causant plusieurs dizaines de millions de morts. Cette privation économique abolissant la prise d’initiative et la propriété privée n’a pas créé l’abondance tant espérée.
De plus, la Révolution culturelle montre que la privation économique s’accompagne presque toujours de la privation politique. Le contrôle idéologique total, la rééducation forcée des jeunes, la persécution des intellectuels, les arrestations arbitraires et la destruction des contre-pouvoirs ont instauré un climat de violence et de peur. Il est donc évident que pour empêcher la contestation, de nombreuses libertés sont bafouées.
L’illusion de la privation consiste à faire croire que restreindre la liberté de tout un chacun crée l’égalité. En réalité, l’histoire illustre bel et bien que cette logique engendre un cercle vicieux : ceux qui détiennent le pouvoir de priver les autres deviennent une nouvelle classe privilégiée qui empêche la société de débattre et d’innover. La privation des libertés transforme le pouvoir en instrument de domination plutôt qu’en garant du bien commun.
Face à de tels modèles fondés sur la privation, nous choisissons de défendre une vision diamétralement opposée : il suffit de remplacer cette logique de privation au profit d’une logique d’émancipation où la liberté est le fondement du progrès, de l’économie et de la dignité humaine.
À l’inverse des économies planifiées, la liberté permet à chacun de prendre les initiatives qu’il souhaite. La liberté n’insinue pas que l’État doit être absent du processus économique ou décisionnel. Notre conception de la liberté défend un État qui protège les citoyens sans les étouffer. Un État qui garantit les droits et protège des injustices sans confisquer la liberté individuelle. À défaut de créer de l’uniformité, lorsque les libertés économiques sont encadrées par un État de droit stable, elles favorisent la mobilité sociale permettant à toutes et tous d’entreprendre selon ses propres ambitions.
Qui plus est, là où la privation impose, la liberté, a contrario, permet d’ouvrir le débat. Grâce à la liberté d’expression, les injustices sont dénoncées et la société peut se mettre à progresser.



